Descriptif des UE M2 aménagé

Semestre 3

UE1 – Histoire des sciences III (XXe-XXIe siècles)

Responsable de l’UE : Marion Thomas

Le cours est construit autour de séances de 3 heures qui se composent d’un cours magistral et d’une discussion lancée par un ou deux étudiants qui présentent des textes choisis par les enseignants. Plutôt que de tenter de couvrir exhaustivement l’histoire des sciences des XXe et XIXe siècles, on se concentre sur quelques thématiques choisies. Cette année, on mettra l’accent sur les rapports entre sciences et guerres, les sciences de l’environnement, les relations entre sciences du vivant et biomédecine et les sciences de l’animal.

UE 2 – Philosophie des sciences I (UE2 S1 du M1)

Responsable de l’UE : Emmanuel Salanskis

Introduction à la philosophie des sciences (Emmanuel Salanskis) au choix avec Logique (Françoise Longy)

Introduction à la philosophie des sciences (Emmanuel Salanskis)

Destiné à des non-spécialistes, ce cours voudrait introduire quelques grandes notions de la philosophie des sciences du XXe siècle à travers des textes qui les explicitent et les illustrent. On se concentrera sur la philosophie des sciences de la nature, après avoir distingué cette catégorie d’autres types de sciences (sciences formelles, sciences sociales).
Le premier moment du cours sera consacré à la mise à l’épreuve des hypothèses. On évoquera alors la théorie de la confirmation de Carl Hempel dans sa Philosophy of Natural Science, ouvrage classique qui a été traduit en français sous le titre d’Éléments d’épistémologie. Cette référence sera toutefois considérée sans exclusive. On s’attachera également à présenter d’autres points de vue sur le rapport entre théorie et expérience, à commencer par le « falsificationnisme » du philosophe autrichien Karl Popper : on montrera que Popper adopte dans La Logique de la découverte scientifique une perspective différente sur les notions d’induction, de déduction et de démarcation entre science et non-science. Pour conclure cette première séquence, on envisagera des discours qui questionnent l’idée même de base empirique de la science, en critiquant, en particulier, le présupposé selon lequel les théories scientifiques reposeraient sur des énoncés observationnels neutres. Certaines idées de Thomas Kuhn dans La Structure des révolutions scientifiques seront examinées dans ce contexte.
Le deuxième moment du cours portera sur la visée explicative des sciences de la nature, ainsi que sur le rôle des lois et des causes sous ce rapport. On partira de nouveau de Hempel, en reprenant sa distinction entre les explications déductives nomologiques et les explications probabilistes. On s’intéressera ensuite à la théorie de l’explication causale qu’Émile Meyerson a proposée dans Identité et réalité, contre une certaine conception positiviste de la science. On se demandera enfin dans quelle mesure il existe une pluralité de types d’explication dans les différentes sciences : l’exemple de la biologie de l’évolution sera comparé à celui de la physique (traditionnellement conçue comme la « reine des sciences »). On s’appuiera alors sur des textes de Jean Gayon pour identifier des points communs et des différences entre ces traditions scientifiques, notamment en ce qui concerne le degré de mathématisation, la capacité prédictive et la dimension historique des hypothèses.

Logique et philosophie du langage (Françoise Longy)

Mutualisé avec la Licence de philosophie, Faculté de Philosophie

Ce cours a pour objectif de présenter certaines notions et instruments de base de la logique contemporaine en éclairant leur raison d’être et en faisant ressortir leur utilité comme instruments d’analyse du discours tant ordinaire que scientifique. Le cours comportera une partie historico-philosophique et une partie technique. La première reposera sur une histoire simplifiée d’un ensemble d’idées et notions logiques fondamentales (raisonnement, forme logique, structure de l’assertion, déduction valide, etc.). Dans ce cadre, nous expliquerons, en particulier, les différences centrales entre Aristote et les modernes (Frege et Russell) en ce qui concerne l’analyse des jugements, c’est-à-dire la logique prédicative. Dans la partie technique, qui comportera une part importante d’exercices, l’accent sera mis sur la maitrise du langage logique moderne, propositionnel et prédicatif, comme moyen d’analyse des énoncés et des raisonnements courants. On y présentera le langage du calcul des propositions, les tableaux de vérité, le langage du calcul prédicatifs, et la notion de satisfaction dans un modèle, et on utilisera ces divers instruments pour interpréter des énoncés et évaluer des raisonnements.

 

UE3 – Sciences, technologie et société III

Responsable de l’UE : Marion Thomas

Cette unité se compose de deux matières :
- Sociologie des sciences
- Cartographie, analyse et mise en récit de controverses socio-techniques

Sociologie des sciences (Marion Thomas, Catherine Allamel-Raffin)

Cette UE est un cours de sociologie des sciences. Il s’attachera à présenter les courants sociologiques successifs qui ont étudié les sciences et les technologies (sociologie mertonienne, Programme fort, sociologie de la connaissance, théorie de l’acteur-réseau, construction sociale des technologies, sociologie interactionniste, études du genre), ainsi que les problématiques contemporaines vives du domaine « science, technologie et société », en particulier sur la question des différentes formes de gouvernement des technosciences. Au fil des séances seront analysés l’évolution des problématiques, le renouvellement des objets d’étude ainsi que l’inscription de ces transformations dans celles des sciences sociales en général.

Cartographie, analyse et mise en récit de controverses socio-techniques (Philippe Chavot)

Les étudiants seront amenés à travailler en groupes de trois ou quatre sur des controverses scientifiques publiques ou des controverses socio-techniques contemporaines. Ils choisiront le sujet selon les critères suivants : l’étude devra être en rapport avec les sciences médicales ; une partie non négligeable des arguments des protagonistes doit comporter des éléments scientifiques ou techniques ; pour des raisons pratiques, on se limitera à des controverses se déroulant en France ou au sein de pays limitrophes francophones.
Grâce à la mobilisation d’un ensemble de ressources documentaires, ils cartographieront la controverse, c’est à dire ils en délimiteront les contours, ils identifieront les thématiques sensibles, et repéreront les acteurs et les arguments. La controverse devra être analysée en précisant ses origines, sa dynamique, les enjeux associés, les conditions nécessaires pour la clôture de la controverse.
Les objectifs de ce cours sont les suivants : apprendre à exercer son impartialité face à des données scientifiques controversées ; être à même de repérer des informations scientifiques pertinentes, d’en faire la synthèse, de les mettre en contexte ; restituer l’ensemble sous forme d’un rapport scientifique ou d’un récit présente sur un site web de type CMS.

UE4 – Séminaire d’approfondissement thématique au choix

Responsable de l’UE : Emmanuel Salanskis

Focus sciences physiques ou mathématiques au choix avec Focus sciences biologiques ou médicales au choix avec Enjeux de la vulgarisation : Histoire et politique de la communication scientifique

Histoire des sciences biologiques : la Révolution darwinienne (Emmanuel Salanskis)

Ce cours a pour but de faire connaître de manière approfondie l’une des transformations intellectuelles majeures du XIXe siècle : la « révolution darwinienne ».
En s’appuyant sur deux œuvres maîtresses de Charles Darwin, L’Origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle (1859) et La Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe (1871), on tâchera de situer le travail de Darwin dans un contexte intellectuel et socio-politique plus large, sans omettre de considérer ses implications idéologiques et religieuses. Après avoir évoqué l’histoire naturelle avant Darwin, on soulignera l’importance du voyage naturaliste de Darwin autour du monde (1831 1836) pour l’élaboration de l’hypothèse de sélection naturelle. À partir d’un examen circonstancié de L’Origine des espèces, on tâchera d’analyser la manière précise dont Darwin étaye son hypothèse de sélection naturelle en mobilisant des références épistémologiques victoriennes. L’étude de La Filiation de l’homme conduira quant à elle à discuter les notions d’instincts sociaux, de race et de sélection sexuelle. Une séance sera consacrée aux réceptions allemandes de la pensée darwinienne, en particulier dans l’œuvre d’Ernst Haeckel, et plus généralement dans le débat philosophique de la deuxième moitié du XIXe siècle. Les liens entre évolution et théories de l’esprit seront aussi examinés, à travers les recherches sur les émotions conduites par Darwin lui-même chez l’homme et les animaux, mais aussi à partir du travail de George Romanes, un fervent disciple de Darwin. Enfin, les deux dernières séances porteront sur certaines répercussions des théories de l’évolution dans les domaines idéologique et religieux. D’un côté, on retracera l’émergence de l’eugénisme de Francis Galton, en se demandant comment il a pu trouver une caution scientifique dans les théories darwiniennes de l’évolution. De l’autre, on analysera les débats entre les défenseurs des théories évolutionnistes et leurs détracteurs créationnistes dans le contexte américain du début du XXe siècle.

Histoire et philosophie des mathématiques (Norbert Schappacher)

Dans ce cours il s’agira de tout d’abord de confronter deux cas historiques – la Mésopotamie et la Grèce de l’antiquité – de constructions sociales d’un champ ou domaine qu’on peut appeler « mathématiques », et de comparer cette analyse historique au discours habituel de continuité qui entoure les mathématiques. Les objets, les théorèmes mathématiques sont-ils invariants à travers l’histoire ? Ensuite, à travers les exemples de Platon, Kant et Wittgenstein, on montrera quel intérêt les mathématiques présentent du point de vue des philosophes. Plusieurs épisodes de l’histoire des mathématiques des derniers quatre siècles seront discutés pour montrer dans quelle mesure l’histoire des mathématiques nécessite une méthodologie différente de l’historiographie des sciences exactes de la nature. Enfin, à travers l’exemple de l’histoire des statistiques mathématiques pendant le long XIXe siècle, l’on montrera les axes nouveaux qu’il faut mobiliser dans l’analyse des mathématiques dites appliquées.

Enjeux de la vulgarisation : Histoire et politique de la communication scientifique (Philippe Chavot)

Mutualisé avec le master de communication scientifique en INFO-COM

 

UE5 – Initiation à la recherche : séminaire de recherche thématique

Responsable de l’UE : Martial Guédron

Séminaire sur la photographie scientifique (Martial Guédron) au choix avec Séminaire sur les sources audiovisuelles (Christian Bonah, Alexandre Sumpf)

Une représentation fidèle et vraie du corps humain ? Photographie et science au XIXe siècle (Martial Guédron)

Sera en premier lieu abordée la question des représentations scientifiques du corps à l’ère pré-photographique (gravure anatomique, traités des proportions, représentations du corps monstrueux, usages de boîtes optiques, de la camera obscura, etc.) afin de poser la question des modèles, des stéréotypes, des conventions de représentation dont la photographie a hérité. Puis seront examinés les premiers usages de la photographie du corps humain principalement en anthropologie, médecine et psychiatrie au XIXe siècle : faces crânes et « races » ; folie et dégénérescence ; corps « anormaux ». Là encore, il s’agira de souligner les interférences entre préjugés sociaux, esthétiques et moraux dans la fabrique de ces images et dans les discours avec lesquels elles entraient en interaction.

Les sources audiovisuelles dans l’histoire du XXe siècle. Le cinéma de non-fiction : Propagande, information, communication (C. Bonah, A. Sumpf)

Mutualisé avec la Faculté de Sciences historiques

Ce séminaire offre une approche comparée des usages des images audiovisuelles de non fiction en France, Allemagne, Russie/URSS et Allemagne au XXe siècle. Les sources audiovisuelles, associées à la documentation papier qui s’y rapporte, participent de l’élaboration d’une société de l’information et de la communication qui connaît des phases intenses et accélérées (guerres, campagnes d’opinion) et des avancées progressives. En s’attachant à comprendre les mécanismes de production et de diffusion, le séminaire sera axé sur la définition des publics visés et l’analyse des images comme instance de médiation politique, sociale, scientifique et culturelle.

UE6 – Valorisation de la recherche/montage de projet/insertion professionnelle

Responsable de l’UE : Sébastien Soubiran

Cette unité se compose de trois matières/activités :
- Montage de projet
- Rencontres avec des professionnels
- Insertion professionnelle : montage de projet

Valorisation de la recherche/montage de projet (S. Soubiran)

L’expertise et la gestion et conception de projets sont deux compétences professionnelles pour lesquelles les acquis théoriques du master peuvent être mobilisés et valorisés. Cette UE a pour objet d’initier les étudiants aux différentes méthodologies qui soutiennent ces compétences. L’objectif est d’abord d’expliciter les méthodes, savoir et savoir-faire associés à ces compétences à travers la conception et gestion de projets culturels d’une part, et la mise en œuvre d’une expertise en STS d’autre part. En s’appuyant à chaque fois sur des exemples illustrés et des cas concrets, il s’agit également d’expliciter les cadres professionnels et les contraintes associées à ce type d’exercice. Cette UE répond ainsi à trois ordres de préoccupations liés : se familiariser avec une activité professionnelle ; apprendre à valoriser ses acquis ; affiner son orientation professionnelle. Ces connaissances, échanges et discussions doivent alors trouver une application concrète par la réalisation d’un projet de médiation culturelle des savoirs scientifiques.
En complément, cette UE vise également à accompagner et préparer les étudiants dans leur insertion à la vie professionnelle. Il s’agit ainsi de se familiariser à la recherche d’un emploi dans ces différents domaines, mais aussi d’approfondir leurs connaissances des réseaux, domaines professionnels et métiers dans lesquels ils pourront valoriser leurs compétences, en permettant l’échange avec des professionnels de différents métiers de la médiation culturelle, des musées et du patrimoine et de l’expertise en science sociale.

Insertion professionnelle : montage de projet (M. Faury)

Dans ce cours on s’attachera d’abord à définir ce qu’est un projet (objectifs, publics, contextes, démarches, etc.), pour ensuite comprendre et analyser son processus de concrétisation, et notamment les outils et les méthodes pour concevoir un projet et pour le mettre en œuvre : mind map, rétroplanning, démarches financières et administratives (montage de budget, livrables, etc.), notions liées aux ressources humaines, outils collaboratifs de rédaction et de gestion de projet ; liens partenariaux ; enjeux politiques etc.

UE7 – Méthodologie transversale de la recherche (UE6 S1 du M1)

Responsable de l’UE : Catherine Allamel-Raffin

Méthodologie transversale de la recherche

C. Allamel-Raffin, M. Thomas, M. Scarfone, F. Kieffer, M. Faury, E. Poupardin

Cette UE, qui sera animée par plusieurs enseignantes, constitue une introduction à la conduite d’une recherche dans le domaine des études sur les sciences (philosophie, histoire, sociologie, et médiation des sciences). Elle accompagne les étudiants dans la définition et la mise en œuvre d’un sujet de recherche en leur présentant les outils du travail de recherche, en les initiant aux méthodes qui permettent de réaliser ce dernier, et en les encadrant dans la mise en forme écrite et dans la présentation orale de leurs travaux : initiation à la recherche et à la mise en page bibliographiques (formation à Zotero), conduite d’une recherche dans les archives et exploitation des sources, aide à la composition écrite (formulation d’une problématique, rédaction d’une introduction générale tenant compte de l’approche choisie et des objectifs du travail engagé, conception d’un plan), préparation à la présentation orale des résultats. Cette UE abordera également les questions et les pratiques relatives aux Humanités numériques : la question des sciences ouvertes, la lecture et l’écriture en ligne, la publication numérique et les carnets de recherche et de recherches participatives, l’utilisation les réseaux sociaux de chercheurs, le recours aux fils RSS, la veille des bases de données et l’éthique de l’internet.
Pour la partie relative aux recherches s’appuyant sur des archives, une fois la problématique définie, cette UE permettra d’identifier les sources et les terrains afin de répondre aux questions qui y sont liées. Après avoir distingué les sources primaires des sources secondaires, on envisagera cinq types de terrains de recherche parmi les plus importants : archives, périodiques, interviews, images et documents gouvernementaux. Les étudiants auront ainsi accès à la recherche en archives en leur présentant à la fois une méthodologie appliquée et un contact direct avec des sources anciennes et contemporaines. Une visite aux archives de la ville de Strasbourg complètera cette UE.

 

 

Semestre 4

UE1 – Séminaire de recherche interdisciplinaire