Enseignements M2 (P3)

Master 2 Parcours 3 Enseignement-Histoire et philosophie des sciences/ Responsable Catherine Allamel-Raffin

UE 11 Etudes des sciences : approches et méthodes [9 ECTS]

Resp.- Catherine Allamel-Raffin

Cette UE fondamentale est un approfondissement de l’UE1 de M1. Elle propose aux étudiants d’analyser un ensemble de méthodes et d’approches consacrées à l’étude des sciences, des technologies et de la médecine dans leurs interactions avec la société. Elle s’attache à examiner de façon systématique comment différentes disciplines (philosophie, histoire et sociologie) ont investi l’étude des sciences. Le cours d’histoire des sciences expose d’une part l’histoire des conditions de possibilité d’une « histoire des sciences », qui passe par l’expression multiple des figures du progrès et de l’avancement des sciences depuis la révolution scientifique, les Lumières, les positivismes et le scientisme du XIXe siècle, puis a contrario par les représentations de la crise du progrès fin XIXe siècle – début XXe siècle, telles qu’elles ont été formulées dans le monde scientifique et philosophique. D’autre part, le cours présente les méthodes, les approches et les terrains historiens qui peuvent être mobilisés pour l’étude des sciences, à partir d’une histoire située de la discipline au XXe siècle. Le cours de philosophie des sciences est centré sur les approches épistémologiques dans la continuité de l’enseignement dispensé en M1. Le cours sera structuré en 2 parties : une partie de cours magistraux qui abordera les thèmes suivants : la question de la spécificité de la science et des types de raisonnement employés en science, l’explication scientifique, la question du réalisme et de l’anti-réalisme  et enfin les critiques qui ont été adressées à la science. La seconde partie du cours consistera en une analyse de textes classiques en lien avec les thématiques. Il s’agira à travers l’analyse de ces textes d’entrer plus en profondeur dans les caractéristiques de la réflexion philosophique.

Enfin, le cours de sociologie des sciences s’attachera à présenter les courants sociologiques successifs qui ont étudié les sciences et les technologies (sociologie mertonienne, Programme fort, sociologie de la connaissance, théorie de l’acteur-réseau, construction sociale des technologies, sociologie interactionniste, études du genre), ainsi que les problématiques contemporaines vives du domaine « science, technologie et société », en particulier sur la question des différentes formes de gouvernement des technosciences. Au fil des séances seront analysés l’évolution des problématiques, le renouvellement des objets d’étude ainsi que l’inscription de ces transformations dans celles des sciences sociales en général.

UE 12 Science et société : théorie et pratiques [6 ECTS]

Resp. – Catherine Allamel-Raffin

Cette UE a pour objectif de permettre aux étudiants de porter un regard réflexif et critique sur la médiation scientifique.
Une première partie de l’UE vise à poser les jalons historiques majeurs quant à l’émergence et au développement de la vulgarisation scientifique, ainsi que du modèle de communication sociale qui est sous-jacent à cette conception de la relation entre les sciences et leurs publics.

La deuxième partie de l’UE consiste à préciser les différents types de recherches qui ont été menées depuis la deuxième moitié du XXe siècle sur la vulgarisation scientifique (linguistique, histoire, sociologie, etc.) ainsi qu’aux politiques publiques qui entourent la vulgarisation scientifique et les courants de pensées qui s’y rattachent (déficit model, participation, etc.).

Le troisième partie de l’UE se voudra avant tout pratique. Il s’agira de rédiger des billets pour le blog InVivo/ InVitro,  blog crée en partenariat avec la revue Pour la science.

Un double objectif est visé : permettre aux étudiants de se former à l’écriture de brefs articles de médiation scientifique à destination du grand public et au travail d’équipe nécessaire au bon fonctionnement d’un comité de rédaction, tout en assurant la promotion de l’approche transdisciplinaire propre au courant de recherche en études sociales des sciences. Il s’agit de développer des réflexions personnelles, solidement documentées et renseignées par des approches issues de l’histoire, la philosophie, la sociologie, l’économie ou encore l’anthropologie des sciences

En amont, de ce travail d’écriture il s’agira de réfléchir à la manière de lire et analyser/décortiquer des articles scientifiques afin d’en comprendre l’argumentation générale (évaluation des différentes sources d’informations, structuration de l’argumentation). Ce travail se poursuivra par la rédaction d’articles de synthèse sur un thème scientifique donné : il s’agira alors d’identifier les enjeux, trouver les points de vues convergents et divergents, les confronter. On se penchera également sur les différentes manières de présenter ces informations en fonction du public visé.

 

UE 13 Histoire et philosophie des disciplines scientifiques [12 ECTS]

Resp.- Catherine Allamel-Raffin

Cette UE vise à apporter une connaissance générale de l’histoire et de la philosophie des mathématiques, de la physique et de la chimie, des sciences du vivant et des sciences humaines et sociales.

L’étudiant devra choisir 3 cours parmi les suivants :

Histoire et philosophie des mathématiques

Les mathématiques – plus précisément, les mathématiques occidentales qui reconnaissent les Éléments dits d’Euclide (environ 300 avant notre ère) comme un livre fondateur - représentent le cas unique et extrême d’une science dont les énoncés (théorèmes) se démontrent, par des preuves qui ne font appel à aucune expérience, mais se veulent intrinsèquement certaines. La possibilité même d’une telle science a laissé des traces très importantes dans l’histoire de la philosophie, par exemple chez Platon (IVe siècle avant notre ère) ou Emmanuel Kant (XVIIIe siècle) – traces qui seront indiquées dans le cours. Mais l’HISTOIRE des mathématiques ne correspond pas forcément à l’image des mathématiques projetée par ces philosophes. Aussi bien dans des civilisations extra-européennes – l’exemple discuté en cours sera Babylone – qu’à certains époques des mathématiques en Europe – par exemple au XVIIe siècle – la preuve n’était pas considérée comme essentielle pour les mathématiques. Et d’autres philosophes, comme par exemple Ludwig Wittgenstein (XXe siècle), ont défendu l’idée que le but de la philosophie des mathématiques serait plutôt d’analyser finement « ce que font les mathématiciens ». La multitude des pratiques mathématiques de différents cultures et époques est donc au centre du cours, ainsi que les problèmes que cette variété pose pour l’historien des sciences – qui n’a pas le droit de plaquer notre notion de la science, des mathématiques, etc. sur les documents du passé. Au-delà de la diversité des époques, l’histoire des mathématiques est traversée par la tension entre mathématiques théoriques et pratiques, voire appliquées. Si le temps le permet, nous allons aborder cet aspect à travers deux études de cas: l’algèbre chez al-Khwarizmi (début IXe siècle) d’une part, et les statistiques mathématiques appliquées à la société (Quetelet) et à l’eugénisme (Galton) au XIXe siècle.

Histoire et philosophie de la physique et de la chimie

L’objectif du cours est double : d’une part, fournir des repères historiques sur le développement de la physique et de la chimie, d’autre part, proposer un aperçu des débats philosophiques contemporains qui ont lieu à propos de ces domaines de connaissances. Dans une première partie à caractère historique, la période étudiée ira du Moyen Âge jusqu’à nos jours. Nous traiterons principalement des aspects sociaux et politiques de l’émergence des sciences physiques à travers l’histoire de la Révolution scientifique, des développements des institutions de recherche comme l’université, les académies, les laboratoires, la « Big Science » et les liens multiples entre industrie, science, technologie et gouvernement au XXe siècle. Dans une seconde partie à caractère plus philosophique, nous aborderons les questions suivantes : la validité des connaissances produites dans le cadre des expérimentations, le débat réalisme/antiréalisme scientifique, le concept de preuve ainsi que le concept de « paradigme » kuhnien qui permet de comprendre que l’évolution des sciences ne s’effectue pas de manière linéaire. L’ensemble de ces questions sera traité en empruntant des exemples à la physique et à la chimie.

Histoire et philosophie des sciences de la vie

Le cours offrira une mise en perspective historique et philosophique sur des thèmes propres aux sciences de la vie, tels que l’explication biologique, la notion d’organisme, la définition de la maladie, les mécanismes de évolution naturelle, l’expérimentation sur le vivant ou les enjeux scientifiques et éthiques des biotechnologies. Il s’agira, relativement à ces différentes questions, de faire prendre conscience à l’étudiant de l’historicité des discours et des pratiques scientifiques. Par ailleurs, ce cours  permettra à l’étudiant d’enrichir sa culture tant sur le plan scientifique que philosophique et de réfléchir à un certain nombre d’enjeux contemporains sociétaux ou  philosophiques liés au développement actuel de la biologie et de la médecine.

Histoire et philosophie des sciences humaines et sociales

L’objectif de ce cours est double : d’une part, fournir des repères historiques sur le développement des sciences humaines et sociales, d’autre part, aborder les problèmes épistémologiques que ces sciences ont suscités. Dans une première partie, nous retracerons les étapes du développement de la sociologie et de la psychologie, en proposant à la fois une présentation des courants majeurs de ces disciplines et une histoire de leur progressive institutionnalisation. Dans une seconde partie du cours, le regard porté sur ces domaines de connaissances sera plus philosophique. Les sciences sociales cherchent tour à tour à formaliser, autrement dit, à isoler des objets abstraits sur lesquels elles raisonnent, et à « individuer » des événements particuliers. Il serait donc vain de se représenter leurs objectifs comme un but unique. Cette dualité d’orientations a conduit certains auteurs à opposer les disciplines explicatives et les disciplines d’inventaire. L’économie illustre la première orientation, l’histoire la seconde. La finalité du cours est donc de fournir une vue synoptique à la fois des objectifs cognitifs poursuivis par les sciences sociales et de la diversité des moyens qu’elles mobilisent pour y parvenir. On traitera particulièrement de la validité (ou non) des analogies avec les sciences de la nature, analogies introduites à la faveur de l’emploi de termes tels que « système », « fonction », etc.

UE 14 Méthodologie de recherche et valorisation des compétences [3 ECTS]

Resp. – Catherine Allamel-Raffin

Cette UE constitue un prolongement et un approfondissement à la conduite d’une recherche ou d’une expertise dans le domaine des études des sciences, de la technologie et de la médecine. L’objectif est d’encadrer les étudiants dans l’élaboration et dans la mise en forme orale et écrite de leur projet de recherche, en insistant plus particulièrement sur la formulation de leur problématique. L’enseignement, fondé sur un travail pratique et personnalisé autour du sujet de recherche de chacun, accorde une importance centrale aux apprentissages nécessaires à la conception, à la composition et à la rédaction d’un mémoire de recherche en sciences sociales : choix du sujet, construction de l’objet, définition du terrain, identification des sources, élaboration d’une bibliographie, état de la question, formulation de la problématique.

UE 15 Atelier de méthodes et séminaires de recherche au choix

Resp. – Catherine Allamel-Raffin

1. Mémoire de recherche et encadrement
Cette UE organisée sous la forme d’un atelier interactif, se présente comme la dernière étape avant la rédaction du mémoire de fin d’études. Elle consiste en une journée de présentation de l’avancée des travaux des étudiants afin de s’assurer que les acquis méthodologiques ont été effectivement assimilés et mis en pratique.

Par ailleurs, les étudiants devront suivre un séminaire de leur choix et en fournir un compte-rendu circonstancié.

2. Stage professionnel et mémoire ou rapport de stage

3. Parcours dans une université européenne

4. Parcours ESST : Politics of Knowledge et mémoire en anglais
Public concerns about some of the latest scientific and technological developments, such as genetically modified food, human cloning, environmental degradation, more reliable prediction of natural hazards, etc., reflect a new relation between science and its publics. As science and technology encroaches into nearly every part of our working environment as well as our private lives, we are increasingly asked – not only as individuals but also as social groups – to take decisions that are linked to at least some understanding of scientific and technological knowledge. This specialisation will examine the emergence and the understanding of the notion of risk in our society, ask who assesses risk and with what authority (granted by whom?). Investigating these issues will allow students to trace an ever-evolving and changing politics of knowledge that we shape to a large extent through our political, scientific, social and cultural choices.