Enseignements M2 (P1)

Master 2 Parcours 1 Expertise, environnement, santé / Responsable Matthias Dörries

UE 11 Etudes des sciences : approches et méthodes [9 ECTS]

Resp. -Michel Le Du

Cette UE fondamentale est un approfondissement de l’UE1 de M1. Elle propose aux étudiants d’analyser un ensemble de méthodes et d’approches consacrées à l’étude des sciences, des technologies et de la médecine dans leurs interactions avec la société. Elle s’attache à examiner de façon systématique comment différentes disciplines (philosophie, histoire et sociologie) ont investi l’étude des sciences. Le cours d’histoire des sciences expose d’une part l’histoire des conditions de possibilité d’une « histoire des sciences », qui passe par l’expression multiple des figures du progrès et de l’avancement des sciences depuis la révolution scientifique, les Lumières, les positivismes et le scientisme du XIXe siècle, puis a contrario par les représentations de la crise du progrès fin XIXe siècle – début XXe siècle, telles qu’elles ont été formulées dans le monde scientifique et philosophique. D’autre part, le cours présente les méthodes, les approches et les terrains historiens qui peuvent être mobilisés pour l’étude des sciences, à partir d’une histoire située de la discipline au XXe siècle. Le cours de philosophie des sciences est centré sur les approches épistémologiques dans la continuité de l’enseignement dispensé en M1. Le cours sera structuré en 2 parties : une partie de cours magistraux qui abordera les thèmes suivants : la question de la spécificité de la science et des types de raisonnement employés en science, l’explication scientifique, la question du réalisme et de l’anti-réalisme  et enfin les critiques qui ont été adressées à la science. La seconde partie du cours consistera en une analyse de textes classiques en lien avec les thématiques. Il s’agira à travers l’analyse de ces textes d’entrer plus en profondeur dans les caractéristiques de la réflexion philosophique.

Enfin, le cours de sociologie des sciences s’attachera à présenter les courants sociologiques successifs qui ont étudié les sciences et les technologies (sociologie mertonienne, Programme fort, sociologie de la connaissance, théorie de l’acteur-réseau, construction sociale des technologies, sociologie interactionniste, études du genre), ainsi que les problématiques contemporaines vives du domaine « science, technologie et société », en particulier sur la question des différentes formes de gouvernement des technosciences. Au fil des séances seront analysés l’évolution des problématiques, le renouvellement des objets d’étude ainsi que l’inscription de ces transformations dans celles des sciences sociales en général.

UE 12 Science et société : théorie et pratiques [6 ECTS]

Resp. – Matthias Dörries

Cette UE envisage les rapports entre science et société à travers l’étude des institutions nationales et internationales et des industries. Elle se décline en trois cours, dont deux sont en anglais, mais les interactions avec les enseignants ainsi que les évaluations peuvent être en français.

Le premier cours porte sur l’histoire de la globalisation des sciences. Le cours examine en détail les notions de nationalisation / internationalisation / dénationalisation des régimes de production du savoir, et les relations nouées entre science et guerre essentielles dans ce processus. Il s’intéresse aussi, à travers la genèse de quelques institutions transnationales, à la production d’instruments de la régulation et de la gouvernance de certains domaines de la globalité. Il prend pour terrain les nouvelles conditions instrumentales et techniques qui permettent des mesures et des analyses au niveau global (par exemple, les satellites et les ordinateurs), ainsi que les nouveaux objets de recherche qui prennent la Terre dans sa totalité comme objet d’étude (par exemple, les études sur le changement climatique).

Le deuxième cours traite les indicateurs de bien-être (cours en anglais, évaluation en français) . We live in a favored age and yet we do not feel favored.” The Progress Paradox sets out to explain “why capitalism and liberal democracy, both of which justify themselves on the grounds that they produce the greatest happiness for the greatest number, leave so much dissatisfaction in their wake.” Just how important to happiness is wealth? How important is job satisfaction, the rate of unemployment, the rate of economic growth, democratic institutions, or social safety nets, etc.? In other words, how do various factors such as economic growth, unemployment and inflation, as well as institutional variables, affect individual well-being?  Are people with a higher income happier than those who earn less?  Can we find a correlation between happiness and GDP, both at the individual and national levels? It may appear obvious to ask these kinds of questions, but until recently economists, for the most part, ignored them. Therefore, today’s interest in this area constitutes a real revolution in the field of economics. The objective of this course is to consider recent work in economics of happiness which relates to critical issues such as quality of life or sustainable development.

Le troisième cours se voudra avant tout pratique. Il s’agira de rédiger des billets pour le blog InVivo/ InVitro,  blog crée en partenariat avec la revue Pour la science.

Un double objectif est visé : permettre aux étudiants de se former à l’écriture de brefs articles de médiation scientifique à destination du grand public et au travail d’équipe nécessaire au bon fonctionnement d’un comité de rédaction, tout en assurant la promotion de l’approche transdisciplinaire propre au courant de recherche en études sociales des sciences. Il s’agit de développer des réflexions personnelles, solidement documentées et renseignées par des approches issues de l’histoire, la philosophie, la sociologie, l’économie ou encore l’anthropologie des sciences

En amont, de ce travail d’écriture il s’agira de réfléchir à la manière de lire et analyser/décortiquer des articles scientifiques afin d’en comprendre l’argumentation générale (évaluation des différentes sources d’informations, structuration de l’argumentation). Ce travail se poursuivra par la rédaction d’articles de synthèse sur un thème scientifique donné : il s’agira alors d’identifier les enjeux, trouver les points de vues convergents et divergents, les confronter. On se penchera également sur les différentes manières de présenter ces informations en fonction du public visé.

UE 13 Risque, expertise et politique [6 ECTS]

Resp. – Matthias Dörries

La multiplication du nombre de dossiers à risque, en rendant manifeste une crise profonde dans la gestion des effets des technosciences, a modifié durablement la place des sciences et des techniques dans les sociétés contemporaines. Cette UE envisage d’aborder ces questions en étudiant les controverses publiques et les expertises sociotechniques. Dans une première partie, l’objectif de cette UE est de revenir sur les transformations du statut social des sciences et des technologies, et vise en particulier à analyser les conflictualités engendrées par les sciences, les technologies et leurs effets, notamment dans le domaine de l’environnement et les manières dont elles sont régulées et gouvernées. Nous tenterons de saisir la variété des modes de gouvernement de et par les sciences [procès, régulation, dispositifs de concertations], de confronter cette variété par des études comparées, et d’en inférer des modèles de compréhension globaux. Sera ainsi analysée l’évolution des conditions de la prise de décision en matière scientifique et technologique dans des espaces de négociation entre de multiples acteurs porteurs de rationalités différentes, de savoirs hétérogènes et dont les intérêts divers sont parfois antagonistes. Dans ce contexte, on traitera surtout des questions de la gestion du risque dans une situation de l’incertitude (par exemple, principe de précaution). Sera également discuté des exemples de la politique économique, comme la taxe carbone ou le marché des gaz à effets de serre, et certaines théories économiques, comme le principe pollueur-payeur. A travers une série d’études de cas (pesticides, perturbateurs du système endocrinien, surveillance, la biotechnologie, …), nous chercherons à décrire des situations, des mobilisations et des dispositifs concrets ainsi que des pratiques effectives. Enfin, dans une deuxième partie, après avoir précisé le sens des termes « expert » et « expertise » dans une perspective sociotechnique, le cours présente dans un premier temps un historique des quatre principales conceptions de l’expertise sociotechnique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours (modèle standard, modèle de la consultation, modèle standard révisé, modèle de la co-construction), en situant chacune de ces conceptions dans le contexte français du rôle, des enjeux et des perceptions des sciences et des technologies dans chacune des époques correspondantes. Ensuite, le cours analyse en détail le fonctionnement de l’expertise dans le modèle de la co-construction, en propose une architecture idéale, puis présente les exemples du Comité local de suivi de l’INRA-Colmar (2003-2013) et de la Cellule d’expertise sociotechnique de l’Université de Strasbourg (2010-2013), en insistant sur les difficultés théoriques et pratiques qui mènent ces expériences concrètes à s’éloigner du modèle idéal.

UE 14 Méthodologie de recherche et de l’expertise [6 ECTS]

Resp .- Catherine Allamel-Raffin

Cette UE constitue un approfondissement de la conduite d’une recherche ou d’une expertise dans le domaine des études des sciences, de la technologie et de la médecine. L’objectif est d’encadrer les étudiants dans l’élaboration et dans la mise en forme orale et écrite de leur projet de recherche, en insistant plus particulièrement sur la formulation de leur problématique. L’enseignement, fondé sur un travail pratique et personnalisé autour du sujet de recherche de chacun, accorde une importance centrale aux apprentissages nécessaires à la conception, à la composition et à la rédaction d’un mémoire de recherche en sciences sociales : choix du sujet, construction de l’objet, définition du terrain, identification des sources, élaboration d’une bibliographie, état de la question, formulation de la problématique.

 

UE 15 Insertion professionnelle et valorisation des compétences [3 ECTS]

Resp. – Matthias Dörries

Cette UE se subdivise en deux parties.

Valorisation des compétences

Dans la perspective de l’insertion professionnelle des étudiants, ce cours a pour objectif  de recourir à des professionnels des ressources humaines afin d ‘élaborer un bilan de compétences, d’apprendre à valoriser les compétences acquises ou en cours d’acquisition.  Seront ainsi abordés la rédaction de CV, de lettres de motivation, le valorisation de compétences de l’étudiant en prenant en compte le stage ou l’emploi visé.

 

Participation aux Journées annuelles d’études d’EUROCOS

L’association EUROCOS organise annuellement des Journées Eurocos « Santé-Société ». Les étudiants participeront à ces journées et seront en contact avec des professionnels et des universitaires issus des sciences humaines et de la santé, qui animent ce groupe européen de réflexion pluridisciplinaire en santé. Les thématiques des rencontres évoluent annuellement. Les étudiants seront invités à développer une compréhension des enjeux des grandes questions de début et de fin de vie et à argumenter une réflexion autour de la bioéthique.

 

UE 16 Atelier de méthodes et séminaires de recherche au choix

Resp. – Catherine Allamel-Raffin

1. Mémoire de recherche

Cette UE organisée sous la forme d’un atelier interactif, se présente comme la dernière étape avant la rédaction du mémoire de fin d’études. Elle consiste en une journée de présentation de l’avancée des travaux des étudiants afin de s’assurer que les acquis méthodologiques ont été effectivement assimilés et mis en pratique.

Ou

2. Stage professionnel et mémoire ou rapport de stage

Ou

3. Parcours ESST dans une université européenne et mémoire en anglais

Ou

4. Parcours ESST à Strasbourg et mémoire en anglais (voir ci-dessous le détail de l’UE Politics of Knowledge)

Public concerns about some of the latest scientific and technological developments, such as genetically modified food, human cloning, environmental degradation, more reliable prediction of natural hazards, etc., reflect a new relation between science and its publics. As science and technology encroaches into nearly every part of our working environment as well as our private lives, we are increasingly asked – not only as individuals but also as social groups – to take decisions that are linked to at least some understanding of scientific and technological knowledge. This specialisation will examine the emergence and the understanding of the notion of risk in our society, ask who assesses risk and with what authority (granted by whom?). Investigating these issues will allow students to trace an ever-evolving and changing politics of knowledge that we shape to a large extent through our political, scientific, social and cultural choices.